Quand une personne subit une blessure qui saigne abondamment, le temps joue contre elle. Si rien n’est fait, elle peut perdre la vie en quelques minutes. Le premier réflexe doit être d’appuyer directement sur la blessure, avec la main ou un tissu propre, pour tenter de freiner l’écoulement du sang.
Mais cette pression n’est pas toujours possible. Parfois, le membre est coincé ou la situation est trop risquée pour intervenir de cette façon. D’autres fois, la plaie saigne tellement que la compression ne suffit plus. Dans ces cas extrêmes, la seule solution est de faire un garrot.
Qu’est-ce qu’un garrot et à quoi sert-il ?
Un garrot est un dispositif médical ou improvisé qui permet de stopper totalement la circulation sanguine dans un membre. Placé entre la plaie et le cœur, il bloque les vaisseaux sanguins et empêche le sang de continuer à s’écouler. Ce geste peut être vital dans certains cas :
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Lors d’un accident de la route, si un membre est sectionné ou gravement touché.
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En cas de blessure profonde causée par une machine ou un outil.
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Au travail, quand un accident provoque une hémorragie massive.
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Lors d’événements violents comme une agression ou un attentat.
Il existe différents types de garrots. Les équipes de secours utilisent des modèles prévus à ces effets. Ces garrots sont généralement tactiques, pneumatiques ou à tourniquet. Mais on peut aussi en improviser un avec un tissu résistant (pas trop fin) et une barre rigide pour créer un système de serrage. Dans le milieu militaire, les garrots sont conçus pour être utilisés en autonomie, parfois même d’une seule main.
Dans quels cas utiliser un garrot ?
Le garrot n’est jamais le premier réflexe. Il s’utilise uniquement quand les gestes classiques (compression manuelle ou pansement compressif) ne fonctionnent pas ou ne peuvent pas être appliqués. C’est le cas :
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Si la blessure est inaccessible ou si la personne qui porte secours doit se protéger d’un danger.
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S’il y a plusieurs victimes à sauver lors d’un accident collectif ou d’un attentat.
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Si un danger empêche de maintenir la compression (incendie, effondrement, zone dangereuse…).
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Si l’on est dans un contexte militaire ou sécuritaire.
Comment réagir face à une hémorragie
Si vous êtes seul avec la victime
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Appelez immédiatement les secours (15, 18 ou 112).
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Allongez la victime pour limiter le risque de malaise.
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Essayez une compression manuelle directe ou un pansement compressif.
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Appliquez un garrot en respectant les règles de pose si le temps continue de s’écouler.
Si d’autres personnes sont présentes
Il faut se répartir les tâches efficacement. Pendant que l’un appelle les secours, un autre s’occupe de maintenir la pression sur la plaie. Une troisième personne peut préparer le garrot ou le poser si c’est nécessaire.
Cette répartition permet de ne pas perdre de temps. Chacun sait quoi faire et la victime est prise en charge dès les premières minutes.
Comment faire un garrot correctement : étapes générales
Lorsqu’une hémorragie ne peut pas être contrôlée par une pression manuelle ou un pansement, poser un garrot devient indispensable. Mais pour qu’il soit efficace et sans danger, il doit être appliqué correctement :
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Identifier l’hémorragie sévère : le saignement est rapide, continu, le sang est rouge vif et jaillit ou s’écoule sans interruption. Ce sont les signes qu’il faut agir vite.
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Choisir l’emplacement du garrot : il ne se place jamais sur une articulation. Sur un bras, ce sera entre le coude et l’épaule. Sur une jambe, entre le genou et la hanche.
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Préférer un matériel adapté : un garrot médical est l’idéal. Si ce n’est pas possible, il faut improviser avec une écharpe, une ceinture large ou une cravate épaisse.
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Mettre en tension : on fait d’abord un nœud autour du membre, puis on insère une barre rigide. En la tournant, on serre progressivement jusqu’à ce que le saignement s’arrête totalement.
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Vérifier que le sang ne coule plus : un garrot mal serré est dangereux. Il ne coupe pas l’hémorragie, mais aggrave les lésions. Le membre doit cesser de saigner complètement.
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Noter l’heure : cette information est importante pour les équipes médicales. Elle doit être visible, inscrite sur la peau, un vêtement ou un bout de papier fixé sur la victime.
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Ne jamais relâcher : une fois posé, on ne touche plus au garrot. Il sera retiré uniquement par des professionnels de santé.
Poser un garrot selon les zones du corps
Garrot au bras
Il doit être posé sur la partie haute du bras, entre l’épaule et le coude. Il ne faut jamais le placer directement sur l’articulation, ni trop près de la plaie.
Garrot à la cuisse
L’artère fémorale étant profonde, le serrage doit être particulièrement ferme. L’idéal est d’utiliser un garrot conçu pour ce type d’usage.
Cas particuliers
Le garrot n’est pas utilisable sur toutes les parties du corps. Sur le cou, le thorax ou le ventre, il est inutile, voire dangereux. Dans ces situations, il faut maintenir une pression manuelle constante ou poser un pansement compressif en attendant les secours.
Durée et précautions d’utilisation d’un garrot
Le garrot interrompt complètement l’arrivée du sang dans le membre. Cette interruption prolongée peut provoquer de graves lésions, voire nécessiter une amputation si elle dure trop longtemps.
C’est pourquoi :
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On ne retire jamais un garrot soi-même.
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On note l’heure de pose dès que possible.
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On informe les secours à leur arrivée, pour qu’ils adaptent la prise en charge.
Les erreurs fréquentes à éviter
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Utiliser un lien trop fin (corde, lacet, fil électrique). Cela coupe la peau sans stopper l’hémorragie.
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Relâcher le garrot avant l’arrivée des secours.
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Poser sur une articulation.
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Oublier de noter l’heure de pose.
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Ne pas serrer assez. Un garrot mal ajusté laisse le sang passer et peut empirer la situation.
En attendant les secours
Une fois le garrot en place :
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Surveillez la victime : est-elle consciente ? Respire-t-elle normalement ? Sa peau est-elle pâle ou moite ?
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Si elle perd connaissance, mettez-la en position latérale de sécurité.
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Parlez-lui, tenez-lui la main et restez à ses côtés autant que possible.
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Préparez les informations à transmettre (l’heure de pose, les circonstances de l’accident…).
En résumé
Le garrot est un geste d’urgence, qui ne doit être utilisé qu’en cas d’absolue nécessité. Avant d’y recourir, on tente toujours une compression manuelle ou un pansement compressif. Savoir comment le poser et à quel moment peut sauver une vie.
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